Les baptistères en Occident. Jean Guyon

Les baptistères en Occident. Jean Guyon

 

Conférencier :

Jean Guyon, ancien élève de l’École française de Rome, est directeur de recherche émérite au CNRS au sein du Centre Camille Jullian de la Maison méditerranéenne des Sciences de l’Homme d’Aix-en-Provence.

Dans la région, il a fouillé en collaboration avec R. Guild et L. Rivet le baptistère d’Aix-en- Provence, et avec F. Carrazé et M. Fixot, celui de Saint-Maximin.

Thème :

Les baptistères antiques en Occident (IIIe-VIIIe siècle)

Les baptistères antiques étaient très différents de ceux que l’on connaît aujourd’hui. Cela tient au fait que les rites qui y étaient célébrés ceux du baptême, mais aussi de la confirmation dont l’Église catholique a fait ultérieurement un sacrement distinct – avaient un caractère initiatique très accusé.

Baptistère de MarseillePour que leur secret soit préservé, ils requéraient un bâtiment isolé ou facilement isolable auquel les architectes ont souvent donné un caractère très monumental.

Cela se comprend, s’agissant d’édifices qui témoignaient de la fécondité d’Églises alors en pleine ascension. Aussi leurs plans sont-ils très variés, comme sont variés ceux des piscines qui en constituaient l’élément essentiel : carrés, rectangulaires, circulaires, polygonaux, cruciformes…

Mais dans tous les cas, un soin tout particulier a été apporté au décor : placages de marbre ou mosaïques sur les sols ou sur les parois, colonnades souvent empruntées à des édifices antiques dans les baptistères les plus monumentaux.

Ainsi se manifestait une émulation entre Églises (mais aussi entre cités) dont la Provence offre un exemple de choix. Les plans des baptistères antiques qu’elle a livrés (dont certains sont détruits ou remblayés) sont des variations sur un plan unique, mais leur taille est très variable, d’une centaine de mètres carrés à Cimiez, Riez, Fréjus ou Saint-Maximin jusqu’à plus de 600 m2 à Marseille où ces dimensions hors norme s’expliquent par la volonté de l’évêque du lieu de régenter tout l’épiscopat provençal.

Baptistère de Cimiez

Les progrès de la mission chrétienne aux Ve et VIe siècles ont cependant conduit peu à peu à oublier le caractère initiatique du baptême, désormais administré surtout à des enfants ; aussi les baptistères antiques ont-ils également peu à peu perdu leur raison d’être.

Baptistère de Poitiers

Ce qui explique qu’ils n’ont pas été conservés ou reconstruits au Moyen Âge, sauf dans des régions très conservatrices, comme la Provence ou l’Italie du Nord. C’est un voyage, un parcours dans les communautés : fin III-VIIe siècle. C’est donc une découverte des baptistères antiques en Occident qui nous est proposée dans le cadre de la deuxième conférence du Cycle Rencontre Provence Méditerranée.